• Petite Fleur

     

     

    Petite Fleur a le cœur de la couleur du beurre.

    Au réveil, elle fredonne avec les abeilles.

    Au petit-déjeuner, elle boit de la rosée.

    Lentement, elle déploie ses pétales en étoile.

     
     
     


    Petite Fleur surveille les rayons du soleil,

    Pour qu’ils ne brûlent pas ses pétales de soie.

    Elle est coquette, comme son amie Muguette.

    Elle n’aime pas trop la pluie, elle veut rester jolie.


     

    Petite Fleur attend qu’il y ait du vent,

    Pour se mettre à danser au milieu du pré.

    Avec Annabelle, son amie coccinelle,

    Elles virevoltent comme des petites notes.


     

     

    Petite Fleur va se coucher dans les blés.

    Elle s’endort en respirant le parfum du foin.

    Petite Fleur s’en va rêver d’une belle fée,

    Sa tige repliée sous un ciel étoilé.

    ©zebuchaton.com 2010


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  • Gaston le hérisson et la forêt de la Trouille.

     

    Après une journée bien remplie, Gaston, le petit hérisson, se mit en boule afin de plonger dans un sommeil réparateur.

     

    - Bonne nuit, lui dit sa maman en lui déposant un bisou sur le bout du nez.

     

     

    Gaston ferma ses petits yeux et la minute d’après il dormait profondément. A son réveil un vent glacé déferla sur ses piquants. Le petit hérisson regarda tout autour de lui et fut bien surpris de découvrir que le chou qui lui servait d’abris avait fait place à une sombre forêt. Il frissonna, et avant de céder totalement à la panique il appela :

    - Maman, maman, où es-tu ?

     

    Le cri perçant d’un corbeau lui répondit :

    - Cra, cra, que viens-tu faire dans la forêt de la Trouille petit inconscient ?

    - En fait je crois que je suis perdu, répondit Gaston. Comment t’appelles-tu ?

    Et il raconta au corbeau son étrange aventure.

    - Cra, Cra, je suis Crakato, le corbeau de la Trouille ! Je comprends tout maintenant ! Tout ça, c’est la faute du chou !

    - Hein ! s’exclama le hérisson. Qu’est-ce que tu veux dire ?

     

     

    - Cra, Cra, tu n’es pas très futé mon petit gars ! Sais-tu quel jour nous sommes ?

    - Il me semble qu’aujourd’hui c’est samedi, répondit Gaston de plus en plus intrigué.

    - Cra, Cra, oui, mais pas n’importe quel samedi ! C’est le jour d’Halloween.

    - Ecoute Crakato, peu m’importe la date et l’heure, je veux comprendre ce qu’il m’arrive et surtout, je veux retrouver ma maman TOUT DE SUITE ! Hurla Gaston.

    - Cra, Cra, mais quelle idée farfelue t’est donc passée par la tête en allant te coucher sous le chou Roudoudouille à la veille d’Halloween ? Fulmina le corbeau. Te voilà dans de beaux draps à présent.

    Le petit hérisson était totalement perdu. Il ne comprenait pas un traître mot de ce que lui racontait le corbeau. Il ne connaissait aucun chou prénommé Roudoudouille, et n’avait jamais entendu parler de la forêt de la Trouille. Devant la mine déconfite de Gaston, Crakato décida qu’il valait mieux lâcher le morceau :

     

    - Cra, Cra, le chou Roudoudouille est une sorte de passage secret entre le monde des humains et la forêt de la Trouille. La plupart du temps, c’est un chou comme les autres, mais en certaines occasions, comme Halloween, il rapporte dans la forêt de la Trouille tout ce qui se trouve autour de lui. Alors si tu me dis que tu t’es endormi dessous, il est normal que tu sois là aujourd’hui à discuter avec moi !

    - Mais comment vais-je faire pour rentrer chez moi ? Demanda Gaston.

    - Cra, Cra, le « Hic », c’est que Roudoudouille ne fonctionne que dans un sens. Je vais te paraître un petit peu brutal, mais… Jamais tu ne rentreras à la maison !

    - Qu’est-ce que je vais devenir ? Questionna Gaston affolé.

     

     

     

    - Cra, Cra, voilà maintenant la seconde mauvaise nouvelle de ta journée ! Déclara Crakato très ennuyé. Tout ce qui arrive dans la forêt de la Trouille le jour d’Halloween finit dans le chaudron de la sorcière Crassouille. Elle prépare la soupe à la citrouille « à la mode de la Trouille », et en donne à tous les habitants de la forêt.

     

     

    A ces mots, Gaston devint blanc comme la neige avant de tomber dans les pommes. Lorsqu’il reprit connaissance, il se trouvait dans une vieille maison remplie de toiles d’araignée. Enfermé dans une petite cage il regardait avec horreur une grosse marmite en train de chauffer dans la cheminée. De temps en temps il entendait un « Plup » lorsqu’une bulle éclatait à la surface de la soupe.  Soudain, il aperçut la sorcière Crassouille qui tenait un bocal d’asticots dans ses mains :

     

     

    - Ha, Ha, Ha, cette année la moisson a été bonne! Roudoudouille a fait de l’excellent travail, nous allons nous régaler, déclara la vieille sorcière en jetant les pauvres asticots dans la soupe.

    Gaston tremblait comme une feuille.

     

     

    - Ah, voici notre ami hérisson ! S’exclama Crassouille. Voyons ce que dit ma recette : jeter quelques poils de moustache de hérisson lorsque la soupe arrive à ébullition. Touiller pendant 5 minutes, puis ajouter un à un les piquants. Laisser mijoter la soupe pendant une heure avant d’y incorporer le hérisson. Miam, quel festin ! Ajouta la sorcière en ricanant.

     

     

    Gaston chercha le moyen d’échapper au mauvais sort que lui réservait Crassouille. Malheureusement, seules quelques citrouilles auxquelles la sorcière avait creusé des yeux, un nez, et une bouche déformée le regardaient. La porte de la cage s’ouvrit brusquement et Gaston se retrouva dans le creux de la main velue de Crassouille. Il ferma les yeux lorsque l’affreuse sorcière tira sur les poils de sa petite moustache.

     

    - Aïe, Aïe, Aïe ! Au secours ! Hurla Gaston en sursautant comme un beau diable.

    - Oh, désolé répondit Robin, le petit lapin. Je voulais déguster cette délicieuse feuille de chou et je n’avais pas vu que tu dormais juste en dessous. Je crois bien que j’ai dû croquer un bout de ta moustache !

    Gaston se frotta les yeux à l’aide de ses petites pattes. Il était de nouveau sous son chou, le soleil brillait haut dans le ciel et cette journée d’automne s’annonçait très douce.

    - Tu n’as pas l’air très en forme, lui dit Robin.

    - Je viens de faire le cauchemar le plus horrible de ma vie, expliqua Gaston. J’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée, ajouta-t-il en soufflant.

    - Suis-moi, je me rends à la fête d’Halloween organisée dans le champ voisin, fit Robin.

    Après quelques secondes d’hésitation, Gaston décida de se joindre à son nouvel ami. Il salua quelques pucerons et une coccinelle qui  logeaient sur une grosse feuille, et quitta son chou en se promettant de ne plus jamais dormir dessous !

     

     

    Gaston partit le cœur léger, sans se retourner… Et heureusement, car à peine avait-il fait ses adieux au chou Roudoudouille que pucerons et coccinelle disparaissaient brusquement !

    ©zebuchaton.com 2010

     


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  • La princesse aux cheveux bleus.

     

    C’est l’histoire d’une petite princesse qui vivait en Chine, il y a de cela bien longtemps. A sa naissance, son père, le roi, ne fut pas content, mais alors pas content du tout. Tout d’abord il aurait voulu un fils, ensuite sa fille Lu An avait les cheveux bleus. Avait-on jamais vu cela ? Furieux, il décida que la petite princesse serait éloignée du royaume afin que personne ne sache rien de son anomalie. Lu An fut confiée aux bons soins d’un couple de paysans qui l’élevèrent comme leur propre fille.

    Les années passèrent et Lu An devint une ravissante princesse. Ses cheveux avaient la couleur de la mer de Chine, quant à ses yeux, ils étaient aussi étincelants que des pépites d’or. Bien sûr Lu An n’avait pas eu la vie très facile avec les autres enfants qui ne cessaient de se moquer de la couleur de ses cheveux. Elle n’avait jamais eu de nouvelles de ses parents et sa seule amie était une jeune fille de son âge, Lien, une petite paysanne bossue que tout le monde laissait de côté en raison de son infirmité.

    Un jour, une armée de cavaliers arriva au village. Tous arboraient de riches armures et des sabres tranchants. Le chef de la troupe s’adressa aux villageois :

    - Une mystérieuse maladie décime  les rizières du pays. Par ordre du roi, nous réquisitionnons toutes vos réserves de riz.

    Impressionnés, les villageois n’osèrent pas protester et ils remirent aux cavaliers jusqu’à leur dernier grain de riz. La troupe repartie dans un nuage de fumée, emportant la seule richesse des paysans.

    Le chef du village était consterné ! Le riz étant la base de leur alimentation, les paysans ne tarderaient pas à mourir de faim. Il distribua à chaque famille quelques fruits et légumes en attendant de trouver une solution.

    Le lendemain les paysans, dont Lu An faisait partie, retournèrent dans les 3 rizières qui jouxtaient le village et constatèrent avec horreur que tous les plans de riz étaient en train de mourir. Les cavaliers avaient dit vrai, la situation était vraiment désespérée car le village n’avait plus aucune réserve.

    Tandis que les paysans abattus rebroussaient chemin, Lu An et Lien restèrent à proximité d’une des rizières. Lien se mit à pleurer et la princesse aux cheveux bleus la prit dans ses bras pour la consoler.

    - Ne t’inquiète pas, déclara Lu An, je suis certaine que nous allons trouver le moyen de guérir nos rizières de cette affreuse maladie.

    A peine eut-elle prononcé ces mots que l’eau de la rizière se mit à bouillonner et un gigantesque dragon bleu surgit.

    - Je m’appelle Xao Lin, je suis le gardien des rizières de Chine ! Dit-il d’une voix de stentor ! Princesse Lu An, je suis très honoré de vous rencontrer enfin.

    La jeune princesse serra son amie, un peu plus fort dans ses bras. Puis, reprenant courage elle s’adressa au dragon :

    - Comment connaissez-vous mon nom ?

    - Je te connais depuis toujours. Ton père est un homme cruel, mais ta mère est une puissante magicienne que le roi retient prisonnière dans son royaume depuis ta naissance. Il vit maintenant avec une horrible sorcière qui répand la haine et la misère dans tout le pays.

    - Est-ce que cette sorcière est à l’origine du mal qui frappe nos rizières ? Interrogea Lu An.

    - Non, c’est moi qui ai fait s’abattre ce fléau, expliqua Xao Lin.

    - Mais pourquoi ? S’indigna la princesse.

    - Je voulais donner une leçon au roi, et surtout je désirais te rencontrer. Toi seule peux délivrer le royaume de l’emprise de ton père et de la sorcière.  La magie de ta mère coule dans tes veines, il est temps de t’en servir, déclara le dragon.

    - Mais je ne sais rien faire de spécial ! Je suis une paysanne très ordinaire et je ne vois vraiment pas comment je pourrais lutter contre le roi.

    - Epouse-moi !

    - Mais je ne peux pas épouser un dragon ! S’écria la princesse terrifiée.

    - Approche, dit Xao Lin. Pose ta main sur ma tête, n’aies pas peur. Voilà, c’est bien. Maintenant, détache une de mes écailles et serre-là fort contre ton cœur.

    Lu An s’exécuta en tremblant comme une feuille de bananier. Soudain, l’eau de la rizière se mit à nouveau à bouillonner tandis qu’un vent de mousson se leva, emportant dans son sillage la princesse, son amie et le dragon. Ils tournoyèrent dans le ciel comme des feuilles d’automne, puis brusquement tout s’arrêta. Lu An fut projetée sur un tapis d’herbe, non loin de son amie Lien. La princesse s’assura que la jeune fille était indemne, et en l’examinant de plus près, elle constata avec stupeur que l’horrible bosse qui déformait son dos avait disparu ! Au même moment, Lu An entendit des pas derrière elle, en se retournant elle découvrir un magnifique prince.

    - C’est moi, Xao Lin, dit-il en souriant.

    - Mais… où est le dragon ? Balbutia Lu An.

    - En portant une de mes écailles à ton cœur tu as rompu le sort que m’avait jeté l’horrible sorcière. Grâce à toi, j’ai retrouvé mon apparence et surtout mes pouvoirs. Viens avec moi, nous devons nous rendre au palais sans plus tarder.

    Xao Lin fit apparaître un magnifique étalon noir qu’il monta prestement en entraînant la princesse à sa suite. Le voyage fut long, ce qui permit au prince d’enseigner sa magie à Lu An, mais quelques jours plus tard ils aperçurent enfin le palais. Seuls contre tous les guerriers ils sortirent vainqueurs d’un combat sans merci. Enfin, ils découvrirent le roi qui se terrait derrière la sorcière. La puissance de la magie de Lu An et Xao Lin leur permit de neutraliser l’horrible femme qui disparut sous leurs yeux dans un nuage de fumée. Le roi subit le même sort quelques instants plus tard.

    Le prince et la princesse délivrèrent ensuite la mère de Lu An qui pleura de joie en retrouvant sa fille bien aimée. La princesse aux cheveux bleus devint reine en épousant Xao Lin, et le royaume retrouva enfin la paix.

    ©zebuchaton.com 2010


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  • La grève de Carolin.

    Aujourd’hui, Paulin le lapin a rendez-vous au restaurant  « Chez Carolin » avec sa copine Pauline, une adorable petite lapine.

    En quittant son terrier, Paulin constate qu’il règne un silence bien inquiétant tout autour de lui, mais il poursuit son chemin trop heureux de retrouver son amie.

    Ce que Paulin appelle « le restaurant » ce sont de jolis rangs de carottes dans un potager voisin - bien connu de tous les lapins du coin - où réside Carolin, le plus âgé, mais aussi de plus rusé de tous les lapins.

    A son arrivée, Paulin découvre avec stupeur un énorme grillage tout autour des rangs de carottes et un écriteau planté juste devant où il est écrit : « Restaurant en grève ».

    Pauline arrive peu après en sautillant.

    - Bonjour Pauline ! Tu as vu ça, le restaurant est fermé !

    - Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Et où est Carolin ?

    - Ici, répondit l’intéressé en apparaissant brusquement derrière le grillage.

    - Pourquoi le restaurant est-il fermé ? Interroge Paulin ?

    - Je suis en grève !

    - Qu’est-ce que ça veut dire « grève » ? Demande Pauline.

    - Cela signifie que je ne suis pas content, alors j’ai décidé de fermer le restaurant ! Explique Carolin en bougonnant.

    - Mais pourquoi ? S’indigne Paulin.

    - Parce qu’Olivier le jardinier n’est pas content.

    - Décidemment ! Dit Pauline.

     

    - Hier au soir il a dit à sa femme « Si ça continue comme ça et bien nous n’aurons même plus assez d’argent pour acheter des graines de carottes », explique Carolin. Alors j’ai décidé de fermer le restaurant et de garder toutes les carottes pour moi, ajoute-t-il.

     

     

     

     

    C’est donc le ventre  vide que les 2 amis repartent en trottinant jusqu’au terrier de Paulin. En chemin ils rencontrent Marcelin, le grand père de Paulin.

    - Papi, je crois que nous avons un gros souci. Carolin a fermé le restaurant et nous n’avons plus rien à manger.

    - Oui, oui, je suis déjà au courant, répond Papi en rigolant dans sa moustache.

    - Mais c’est très grave ! S’exclame Pauline. Qu’allons-nous devenir ?

    - Ne t’inquiète pas, petite lapine, tout va très vite rentrer dans l’ordre, explique Papi.

    Paulin et Pauline dévisagent Marcelin avec curiosité.

    - Mais comment le sais-tu ? Demande Paulin.

    - J’ai joué au détective, répond Papi avec amusement. Ce matin Carolin m’a déjà raconté toute l’histoire. Alors j’ai suivi Olivier le jardinier quand il est parti faire ses courses. Et devinez quoi ?

    - QUOI ? S'exclament les 2 petits lapins avec impatience.

    - Et bien Olivier s’est arrêté à  la jardinerie après être passé chez le boulanger, et il est reparti avec une caisse pleine de graines de carottes !

    - Waouh ! Super ! Chantent les 2 amis. On va pouvoir manger des carottes !

    Puis, repensant à sa conversation avec Carolin, Paulin demande :

    - Mais pourquoi le restaurant est-il toujours fermé dans ce cas ?

    - Ho, ça… Ce brave Carolin profite de la situation. Il veut garder pour lui  seul la réserve de carottes ! Explique Papi. Mais je suis certain qu’à cette heure il a déjà enlevé son grillage. D’ailleurs, allons vérifier sur place.

    Et nos 3 lapins reprennent le sentier qui conduit au restaurant.

    - Vous voyez, le grillage a disparu, constate Papi.

    - Mais comment le savais-tu ? Questionne Paulin.

    - C’est très simple mon petit lapin. Je me doutais qu’Olivier allait s’empresser de semer ses nouvelles graines de carottes dès son retour. Et Carolin, qui est très malin, mais aussi très gourmand, n’a pas eu d’autre choix que d’enlever son grillage pour permettre au jardiner d’accomplir son ouvrage.

    - Tu es drôlement intelligent Papi !

    Et nos 3 compères bondirent au milieu du potager afin de croquer de savoureuses petites carottes.

    ©zebuchaton.com 2010


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